Nos amis les bêtes

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Nous vivons une époque étrange où tout est mutualisé. Qu’il s’agisse du divertissement, de la mode, l’alimentation ou les maladies. Dans ce domaine nous sommes d’ailleurs à la pointe de l’innovation puisque nous avons exporté nos maladies à nos animaux domestiques. Dans notre course contre la mort où nous prenons de plus en plus de vitesse nous sommes en passe de nous faire doubler par nos plus fidèles compagnons. En plus de les avoir rendus parfaitement dépendants de nous par nos modes de vie dépravés nous les avons rendus malades par une alimentation complètement déréglée qui a eu raison de leur bien-être. Nous leur avons imposé la malbouffe, les médicaments, les vaccins nocifs et l’oisiveté. Ils sont devenus le reflet de nous-mêmes à leur corps défendant.

Car si nous humains avons pour la plupart accepté notre situation eux sont nos victimes. Ils subissent nos envies. Nous sommes leur dictateur et ils n’ont pas le droit de citer. Une dictature humaine criminelle qui les tue à petit feu chaque jour un peu plus. Cancer, arthrose, maladie cardio-vasculaire, obésité, diabète et autres joyeusetés, ils souffrent des mêmes maux que nous. Dans leur mode de vie imposé, ils courent tous vers une mort douloureuse alors qu’ils n’ont rien demandé. Les pâtés, les croquettes bourrées de colorants, d’additifs, de conservateurs et d’aliments non identifiés gracieusement arroser d’une multitude de déchets dits alimentaire, tout ceci sert à nourrir ces pauvres créatures.

« C’est un marché florissant qui ne connaît pas la crise. Rien qu’en Europe, le secteur a vu ses ventes doubler ces quinze dernières années. Et à l’échelle mondiale, il est prévu que le marché continue de croître d’environ 5 % par an. Dans le moindre rayon d’aliments pour chien et chat d’un hypermarché, on ne compte pas moins de 300 références. Mais l’essentiel des marques appartient à trois gros groupes de l’agroalimentaire mondial, dans l’ordre Mars, Nestlé et Colgate-Palmolive. […]Une croquette de base est constituée de céréales et de déchets des abattoirs, tout ce qui n’est pas utilisé pour l’alimentation humaine. Or, dans un produit bas de gamme, on va plutôt retrouver des tendons, des plumes, des sabots. Du coup, pour le corriger, on ajoute une grande quantité de céréales, du sucre, et on enrobe le tout de graisse pour le rendre appètent. Au final, peu de protéines animales, et surtout un trop grand apport d’amidon, glucide que les chiens et les chats digèrent mal. » Lien

Pour notre seul loisir ou pour combler notre solitude créée en grande partie par notre mode de vie nous imposons un triste sort et une fin inéluctablement mortifère à nos plus fidèles compagnons. Est-ce une société moralement saine que d’offrir ce genre d’issus à plus faible que nous, a ceux qui ne vous trahiront jamais malgré le sort détestable que bon nombre de propriétaires leurs réserves ? Nous nous sommes arrogés le droit de reproduire d’autres êtres vivants pour nos seuls loisirs. Les différents élevages et trafics d’animaux dus à l’engouement de ce loisir mortifère extrêmement rémunérateur qu’est la reproduction de race a ouvert les portes de l’enfer à ces derniers. Une économie parallèle a été mise en place pour pallier aux maladies qu’il devait fatalement avoir. Non pas pour les soigner, mais pour les maintenir le plus longtemps en vie via des traitements couteux. Ainsi à notre image les animaux domestiques doivent régulièrement se faire vacciner, subir des radios, des scanners, des examens sanguins, se faire toiletter, s’habiller, faire des régimes et comble de cynisme on doit leur trouver des nounous quand nous ne pouvons pas nous en occuper ou tout simplement pour les sortir. Ils sont des copier-coller de nous-mêmes. Notre narcissisme nous a poussés à leur faire subir les mêmes désagréments que nous. Ces animaux pour certains se vendent à des prix très élevés au point qu’ il faille les identifier afin de les protéger. C’est ainsi que le tatouage a vu le jour de manière générale supplanter par la suite par les puces implantées sous la peau. Les fameuses RFID chères à notre Jacques Attali national, le Jérusalémite et sa capitale mondiale de cœur.

Il y a quelque chose qui ne fonctionne définitivement pas au sein des sociétés occidentales. Elles ont créé l’individualisme à marche forcée pour au final une fois le but atteint créer une sociabilité fictive par le biais de l’animal de compagnie. Il a fallu isoler l’occidentale pour ensuite le sociabiliser avec un animal qui sera à son tour isolé, castré, tatoué, avant d’être euthanasié quand ses souffrances seront devenues trop handicapantes…pour son propriétaire. Certains ne perdent pas de temps et les abandonne au bord de la route ou noies les chiots et chatons indésirables, car déjà trop de gueule à nourrir de croquettes empoisonnées à la maison.

Notre cynisme est sans limites avec les animaux de compagnie. Qui aime bien châtie bien dit-on. Alors nous devons les aimer vraiment, vraiment beaucoup.

Nous ne respectons pas les animaux que l’on consomme, nous respectons encore moins ceux qui nous tiennent compagnie. Bien sûr beaucoup diront que le bien-être de leurs compagnons à quatre pattes est primordial, mais dans les faits ce n’est hélas pas le cas. Car nombreux sont ceux qui reproduisent tous les poncifs déjà évoqués. Si l’on respecte et l’on veut le meilleur pour son chien ou son chat il faut commencer par les alimenter de la meilleure des manières. Cela a un coût financier et demande un investissement en temps. Peu nombreux sont ceux qui, citadins, mettent cela en pratique. Un chien en appartement est une hérésie, tout comme un oiseau en cage. La castration est une autre hérésie. Bien que l’idée est de limiter les naissances, il faut garder à l’esprit que c’est un être vivant qui a des besoins physiologiques innés que nous éradiquons de manière arbitraire pour notre seul avantage, par pure commodité. Qui sommes-nous pour faire cela ?

Le business de la solitude a permis de créer une nouvelle source de bénéfice grâce à notre désarroi. À l’instar du marché des célibataires et des sites de rencontres, le marché des animaux de compagnie est excessivement lucratif. Et dire que nous nous définissons comme les amis des bêtes. Quel traitement nous leur aurions réservé s’ils avaient été nos ennemis ?

 

 

2 Commentaires

  1. Monsieur
    Mes plus sinceres remerciements et gratitudes pour votre salve ! Salvatrice… etant directement impacter par cette violence quotidienne au centre SPA de ma region,pourquoi aucune emission tv ne montre notre desarois chaque annee?
    Nous sommes effectivement le miroir societale du “mouroir”! ,nous traiterons nos anciens comme nous traitons nos animaux et peut etre bientot nos enfants… comme les amballages usages du Mac do pret a jette par la fenetre du vehicule au bord d’un autoraute au retour d’un mois d’ete.

    Un ecrivain anglais disait:
    “LE CHIEN N’A QU’UN BUT DANS LA VIE : OFFRIR SON CŒUR.” et bien, c’est dire que la parole Divine n’a ete comprise que part ces creatures les plus faibles. Amen.
    Les gens ne le savent peut etre pas mes les animaux seront aussi des Temoins.

    Sinceres considerations.

  2. Bonjour Monsieur,
    Je suis agriculteur depuis plus de 20 ans et j’ai la chance de vivre encore avec la faune sauvage qui subit aussi la malveillance de notre temps .Je rencontre régulièrement des sangliers lors de mes promenades. Aucun ne m’a jamais attaqué, ni mon chien. Il faut cesser de les considérer comme des bêtes féroces et dangereuses qui doivent être immédiatement abattues pour cause de “sécurité publique” ? . Ce sont des animaux curieux et intelligents qui ont assurement une Ame, je vous l’assure et en temoine chaque jour que je vais aux champs, et c’est bien nous qui empiétons sur leurs territoires. Par contre, j’ai déjà été attaqué et blessé par des humains civilises!

    Nos Meuilleurs Salutations d’Especes en voie d’extinction ! Agriculteurs artisans, faunes et flores sauvages Inclus.

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